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FAQ pour ENSEIGNANTS / ÉLÈVES

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– Pourquoi faire venir un écrivain en milieu scolaire ?

– Tout d’un coup, la poésie, le temps passé à en parler, à en lire, prend un corps et une voix, un regard, une démarche, un son, une carnation, une parole. C’est toucher du doigt une part de la création à travers celui qui la produit (relation directe du producteur au consommateur !). La partager en l’approchant. Ce n’est plus abstrait, fantasmé, distancié. Quelques a priori peuvent se lever, négatifs comme positifs. C’est un moment rare, fugitif, précieux. Une chance. Une bouffée d’air. Une ouverture. Pour l’auteur, c’est souvent une expérience dont il se nourrit, celle de se trouver sur le terrain et en connexion avec des lecteurs ou des lecteurs potentiels. Avec les jeunes ou confronté aux administrations, ça peut être une bouffée de l’air du temps.

– Comment se déroule une seule rencontre ?

– Elle se met en place avec un contact téléphonique ou un échange de courriel indispensable. Il faut s’entendre. Cela dépend du temps accordé, des conditions plus ou moins confortables, de l’ambiance de la classe. Quelques conseils : pouvoir parfois négocier les récréations, choisir des temps autres que le vendredi en fin de cours et de semaine. Ne pas choisir les périodes hyper chargées : examen, veille de voyage, hyperactivité culturelle, fêtes. Eviter les plans d’évacuation le jour de la rencontre (c’est du vécu !) Eviter les nuisances avec des chantiers de rénovation dans l’établissement par exemple (idem)… Eviter des intrusions inopinées d’adultes extérieurs, surtout sans prévenir l’auteur.
L’enseignant consent à confier sa classe et à collaborer. Il peut s’agir d’un échange avec des moments de discussion, de lecture ou d’écriture ou pas.
Sa durée peut varier et la proposition d’intervention en dépend. Entre une heure et deux heures (et c’est là qu’il faut compter le temps de la récréation, interclasse) en général.

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– Plusieurs ?

– L’enseignant peut « raccorder » l’auteur à son projet. Il peut apporter un thème, une forme d’écriture, un programme pédagogique, un projet interdisciplinaire, ou bien laisser l’auteur libre de venir avec sa boîte à outils. Il faut absolument éviter de monter un projet d’écriture en classe entière durant deux heures. Les ateliers se font en groupes (deux) et une heure chacun ou deux heures en alternance. Le temps est nécessaire pour lire chacun, conseiller, réorienter. Puis faire dire à haute voix. On peut travailler durant une séance comme plusieurs. Cela dépend du budget.

– Faut-il préparer la classe à la poésie ?

Oui et non.
Il est souhaitable de la préparer à la venue de l’auteur. La mettre en contact avec le cordon ombilical qui est le livre. Susciter la curiosité. Amener par la bibliographie de l’auteur, les jeunes à poser, se poser des questions. S’emparer de l’objet livre, des livres. Pas les photocopies d’un livre, ni un texte sur internet. Il est parfois bon d’insister sur le fait qu’un écrivain, un poète n’est pas un animateur, ni un instrument à fabriquer de l’écrit. Il ne vient pas dans la classe « pour faire écrire », mais pour partager, faire éprouver par l’écrit, un moment, une approche de la création littéraire.

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– Combien de temps dure une séance ?

Tout dépend de ce que l’on veut mettre dans cette séance : une heure ou deux heures. Et de la capacité de la classe à se concentrer.

– Combien faut-il de séances pour réaliser un travail d’écriture en classe ?

– Tout dépend encore de ce que l’on veut faire, faire écrire. On peut faire écrire des poèmes dès la deuxième heure d’une séance après une rencontre et un échange unique. Parfois il s’agira d’un poème collectif. D’autres fois, d’une amorce avec des déclencheurs, à poursuivre ensuite avec l’enseignant seul ou une forme très courte, en approche individuelle. Un travail plus soigné, abouti et approfondi s’effectue en au moins 3 ou 4 séances avec une progression tangible.

– Combien ça coûte ?

– Il suffit de demander un budget à l’établissement et un devis me téléphonant. Il existe des tarifs fixes sur internet, mais souvent ils s’adaptent et tiennent compte de certains paramètres : nombre de séances, type de financement, mode de rémunération, éloignement… à voir avec le chef d’établissement et ses partenaires. Pour me contacter : soit par facebook, soit par le formulaire de contact de mon site.

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– Pourquoi vous ne venez pas en maternelle ? » Vous n’aimez pas les petits enfants » ?

– C’est bien connu, je n’aime pas les enfants ! Mais quelle absurdité ! Je suis parfois entourée de petits enfants avec lesquels j’aime m’amuser souvent, mais pas travailler en ateliers d’écriture. Pas avant le CE2. Par goût. Par aspiration. Par choix. Par affinités. Questions de limites (les miennes, bien sûr !)

– Où trouve-t-on vos livres ?

– Sur mon site internet en ce qui concerne la bibliographie à jour puis en achat par les sites de mes éditeurs directement ou chez les libraires (en commande le plus souvent), parfois en bibliothèques.


– Peut-on travailler avec un enseignant qui ne soit pas de Lettres ?

– Oui. Il m’est arrivé de travailler avec des professeurs de langues, d’histoire/géographie et même d’EPS.

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– Peut-on rester en classe ?

– Oui. Personnellement, je les préfère aux CDI. Des projets peuvent également se construire en extérieur.

– Peut-on correspondre avec vous ?

– Oui. C’est indispensable en amont de la première séance. Ensuite c’est possible une fois au moins.

NB : je ne travaille qu’à partir de la poésie en vers ou prose poétique contemporaine et d’auteurs de 1900 à nos jours.

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FAQ des enfants et des adolescents.

– A quel âge avez-vous commencé ?

– Cela s’est passé en plusieurs temps. D’abord en classe de 4ième pour imiter mes amis et leur plaire, pour m’attirer l’estime de la prof de Français que j’aimais bien. Ensuite parce que je m’ennuyais vraiment beaucoup en cours, sauf en langues et en Français. Ensuite en 3ième, j’écrivais des poèmes parce que j’avais du plaisir à ça. Je cherchais ma propre langue, ma propre expression. Une écriture sentimentale comme celle de presque tous les adolescents tourmentés, libératoire avec des sujets tels que : « la société, mon cœur, ma peine, mes amis, mes amours, l’incompréhension, l’ennui, la tristesse, la mort, la vie, le coucher du soleil, les adultes… ». Je ne savais pas aligner correctement deux mots. Mais je me défiais avec ces poèmes sporadiques, que je cachais aux uns et montraient à d’autres. Puis, vers 22 ans, j’ai eu envie de travailler l’écriture en même temps que je commençais un cursus d’études universitaires. Les premières nouvelles sont arrivées avec d’autres poèmes plus réfléchis, plus nourris car je lisais les classiques et fréquentais des poètes vivants que je lisais également. Ils étaient publiés dans une revue niçoise crée par Maryline Desbiolles.

– Combien de poèmes avez-vous écrits ?

– Je ne sais pas. Il y en a que j’ai jetés, d’autres publiés en revues. Il y en a dans des livres courants et dans des livres d’artistes (j’aurais peut-être mieux fait d’en jeter encore).

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– Aimez-vous écrire ?

– Non…

– Oui, beaucoup. J’écris avec joie, même quand cela me perturbe et me bouleverse. Je suis malheureuse quand je n’écris pas. Mais j’aurais pu être heureuse en faisant d’autres choses. Il se trouve que je ne peux faire que ça maintenant. Je suis embarquée. Je ne maîtrise pas et ne me torture pas avec tout ce que j’aimerais faire et que je ne fais pas. Puis, ça mange tout le temps.

– Combien de livres avez-vous écrits ?

– Je ne sais pas. Mais vous pouvez regarder ma bibliographie sur mon site et compter. Moi, je ne compte pas. Ce qui veut dire qu’il y en a plus d’un.

– Lequel préférez-vous ?

– Souvent, on préfère les plus récents avec lesquels on se sent plus en accord avec les partis pris d’écriture. On évolue et l’écriture suit le mouvement. On ne renie pas le passé mais on s’y intéresse moins. Le livre que je préfère est celui que je n’ai pas écrit et que je suis en train de m’écrire sur mesure. Il est plein d’imperfections, de troubles et d’imprévus. Il est excitant.

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– Combien de temps mettez-vous pour écrire un poème ?

– Je ne sais pas, je ne calcule pas. Mais il m’est arrivé d’en sortir des tout prêts, en presque un jet, un moment de grâce, en une fois, quelques minutes. Généralement, ils arrivent fragmentés et dans une fulgurance. L’énergie et la vivacité sont surgissantes. Plus j’écris, plus j’écris, ça déroule. Mais la réécriture est laborieuse, lente, longue. Il faut beaucoup de temps avant d’en être repu (pour ne pas dire satisfait. Comme un peintre qui doit décider du dernier coup de pinceau sur la toile). Il y a un temps pour ça où le texte me repousse et me dis « maintenant va voir ailleurs ! »

– Combien de temps faut-il pour faire un livre ?

– Je ne sais pas. C’est variable. Que ce soit le manuscrit ou le livre édité. Cela se passe en plusieurs phases pour moi. Des fois je regrette mes envois de manuscrits. Ils étaient précipités. Et ils auraient mérité de dormir dans un coin et d’être relus, remaniés avant envoi. C’est très long. Avant de le lâcher dans une boîte aux lettres. Mais on peut avoir de la chance, trouver un éditeur rapidement.

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– Qu’est-ce qui vous inspire ?

– Rien et tout. Mais ce mot d’inspiration ne me va que pour la respiration. Rien de spécial. Tout est prétexte selon le moment où les mots me tombent dessus, leur capacité à rebondir, à me traverser, à retenir toute mon attention. Des fois je brode un texte autour d’un mot que j’ai rencontré. Il est arrivé que ce soit deux mots entendus à la radio. Ils s’associent dans mon cerveau d’une façon hasardeuse jusqu’à ce que le sens jaillisse, où s’assemblent des rythmes comme des fracas de pierres, Des bris de vagues, Des chuintements du vent. Et se dessine alors un regard sur le monde qui devient œil de judas ou coup de projecteur. J’ai déjà écrit un texte sur la mort d’une mouche ou des poèmes l’art de faire le ménage.

– Pourquoi écrivez-vous ?

Pourquoi pas ?

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Pour lever des voiles. Donner des sens, des possibles, ouvrir des brèches, des voies, découvrir, connaître, apprendre, partager. Dire. Dire le silence comme le cri. Donner des voix avec des mots pour ceux qui n’en ont pas, ni des mots, ni de la voix. Pour malaxer le langage, contribuer à sa vitalité, son renouvellement. Pour tripatouiller la matière de la langue.

– Gagnez-vous de l’argent avec vos écrits ?

Un peu. A partir de mes écrits. C’est parce que j’écris et publie que je suis là, dans des ateliers et des rencontres publiques. Mais pas avec des droits d’auteur.

Etes-vous célèbre ?

Pourquoi cette question ? Tu en apprécierais davantage notre rencontre ? Elle te blufferait et tu en serais plus heureux ?
Non. Si c’est passer sur TF1, M6, NT1 et Canal plus, trois fois non. Et non, je ne suis pas non plus chez les plus gros éditeurs. Et mes livres sont de tout petits tirages. Et je n’ai pas un million d’amis sur facebook. Mais tu te demandes peut-être si je suis un auteur reconnu ?

– Pouvez-vous me signer un autographe ?

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Non .

– Ecrivez-vous directement avec l’ordinateur ?

Oui ! Mais je prends des notes en manuscrit sur le verso de vieux brouillons ou dans de petits carnets.

– Quel âge avez-vous ?

Poserais-tu la même question à un homme ?
J’ai l’âge que tu veux bien me donner. Si tu veux un chiffre précis regarde sur internet, je ne cache pas ma date de naissance. Des fois j’ai du mal à m’en souvenir. C’est te dire…

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Je suis toujours contente de vous rencontrer. Même quand vous faites des fautes et que vous avez juste un peu de vocabulaire. Même quand vous n’avez pas la moyenne. Et même quand vous n’aimez pas la poésie.

 

ps : photographies des classes de Madame Cherbuis (école Nice Flore 06), Maud Gaget avec Nicole Vandemoorteele (Puy St Eusèbe, Puy Sanières 05), Ludivine (école de Malaucène 84).

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