Littérature poésie arts plastiques ateliers d'écriture

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DANS L’ABBATIALE DE BOSCODON

C’était le 2 avril à l’abbaye de Boscodon. Avec des ponctuations sonores d‘Eric Caligaris et son phonopovera (Drap, torchon, balai-brosse, lave-pont, vitre et lave-vitre, chiffon, bassine, seau…). Merci à la communauté et à l’Association des amis de Boscodon.

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Laver par terre
comme dans une publicité
où les parfums traverseraient l’écran
une danse entre soi et l’idée que l’on se fait
du propre
un pas de deux une enjambée des petits pas
que le seau accompagne
passage d’une pièce à l’autre
territoires
d’un visage à un souvenir
un geste mal contrôlé et on chavire
avec les reliques
et parfois se cognant à un meuble
toucher terre
c’est quelqu’un qui se rappelle
avec un cheveu

on avait tout oublié
dans la valse de la serpillière
sans savoir que ce qu’on ramasse
dans le fond brun de l’eau
tremble

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Changer les draps

 

aplats de blancs ou de couleurs
Poliakoff De Staël Debré claquent au vent
voiles tendues pour le corps en voyages

la housse va comme un gant
le lin a rejoint ma grand-mère
tout chiffonné

à terre
la masse à laver
se fait oublier presque
s’enroule sur elle-même
le chat s’y love
et moi avec
et toi tu fais quoi

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La lessive

 

j’ai connu la lessiveuse sur la terrasse
pour le bain du mercredi au soleil
les bouillonnements au grand air sur le feu
les cloques le trouble du savon de Marseille
l’odeur du linge au bord de rendre l’âme
tout annonçait les claques dans le large des draps
l’étendoir trop haut pour nos épingles à linge
les parties de cache-cache

dans la machine elle blanche
on aime le tambour aux allures de ventre
qu’on préfère remplir
bourrer même
on tourne en rond
on se secoue avec le compte à rebours
le rinçage en secret l’essorage en relais

une pauvre chose mouillée
tient dans le creux de la main
on étire la boule cabossée
mieux
on la détend sans la déchirer
comme un pardon
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Vider la corbeille d’un Mac

 

souris blanche
clic clic
ouvrir
chez soi
assis
sans odeur
ça glisse
poubelle virtuelle
propre
icône lisse
écran
ce qu’elle contient
on ne sait plus
on n’a jamais su
un clic
vider
un son aphone
comme un baissé de rideau
quitter
fermer
éteindre

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K.Otidiennes, Triages anthologie 2010, éditions Tarabuste


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ART SINGULIER DANS LE VILLAGE DE ROUBION (06)


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Printemps 2014 : découverte d’une maison dans le village de Roubion, depuis peu habitée par celui que les gens du village appellent  » le fada « . J’y retourne régulièrement, profitant d’une maison familiale paumée à quelques vols de corbeau pour écrire, lire et marcher ou ne rien faire de particulier, et c’est un véritable « work in progress  » qui se donne à voir, exposé à l’indifférence comme à la curiosité du badaud curieux comme de l’habitant outré. Fresques en perpétuelle évolution sans que son réalisateur, que je  nomme « artiste » à son insu, ait la volonté ou la conscience de créer une véritable prouesse artistique, avec une force créatrice digne de la famille des Facteur Cheval.

Le « fada », ils ont bien essayé de le faire interner, mais comme « il embête personne et ne fait pas de mal », ils ont fini par  » l’accepter « . Il y a bien des « vigies » à l’entrée du village,  assises sur le muret de pierre, qui les ont sans doute tous vus naître, et qui, si elles n’avaient l’apparence de montagnardes de cartes postales, nous en détourneraient. « Ah ! Oui ! Vous parlez du fada ? Vous vous rendez compte ! Il jette de l’eau par terre et ça fait de la glace. Des fois il jette de la sciure : ça fait une de ces saletés ! Nous manquait plus que ça ! ». Si elles annonçaient une catastrophe naturelle, elles n’y mettraient pas moins de drame ou de craintes. A l’extérieur (je rêve de voir son intérieur ouvert à tous les vents), un radiateur est « exposé », vestige d’un confort encombrant qui n’aurait duré que quelques jours et cette révolte contre les objets de consommation Kleenex, il l’écrit à même l’appareil.

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L’homme, à ce jour, je n’ai pas réussi à le rencontrer. A l’office du tourisme toujours vide (vide comme le village, l’épicerie, le restaurant, l’église, la sublime chapelle Saint Sébastien classée, vide comme la dérisoire station de ski accrochée à sa prière invoquant les dieux anorexiques de la neige, vide comme son lac à canon et à béton), on le trouve sympathique, mais on ne parle pas d’artiste, ni même de curiosité locale.

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Avec son chien, Michel marche les pas de ses ancêtres et dans la forêt pour ramasser du bois. Il aurait eu une vie avant celle en autarcie dans la marge, une vie « normale » ailleurs, avec une famille et un emploi d’enseignant. Sa vie, il l’écrit sur les pages de sa maison ; un mur est une page,  et l’autobiographie se déroule au gré des saisons et des événements de sa vie. Des dates, de la numérologie, des prénoms et des noms de villes, des mots lâchés à la Céline, Artaud ou à la façon des poètes sonores, des invectives qu’il grave à même le revêtement mural : « La peinture anti graffitti est inutile la gravure existe », ou bien : « Ce n’est pas la peine d’abîmer la porte en tirant dessus… elle s’ouvre en poussant… ». L’écrit c’est tout ce qui parle de son silence.

Devant l’une des portes de la maison dont on se demande si elle s’ouvre, des objets disposés comme à l’occasion d’une installation in situ : chaque objet occupe une place qu’il est difficile de croire posée au hasard. L’ensemble offre une telle esthétique, une telle poésie, et l’empreinte d’un monde qui est véritablement le notre, qu’il y a là les sédiments manifestes et ostentatoires d’une oeuvre d’art. Avec juste ce qu’il faut d’humour et de révolte dans le cerveau d’un véritable artiste.

 

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POESIE / PERFORMANCE 2014 Villa Arson

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Voir sur youtube la lecture / performance twirling baton avec la Compagnie B.A.L, septembre 2014, deux  extraits :

Lecture Poésie / performance Villa Arson Nice 2014 (Première partie)

Lecture Poésie / performance Villa Arson Nice 2014 (final)

La veille, répétition :
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