Littérature poésie arts plastiques ateliers d'écriture

REVUE DE PRESSE

JEAN-MARIE BARNAUD à propos de la trilogie VRAC TRAC CRAC sur Remue.net, mai 2013 :
Cliquez :
http://remue.net/spip.php?article5975

KATY REMY ( Basilic n°29 ), GERARD-GEORGES LEMAIRE (CCP/CIPM), PAULE STOPPA (Le Patriote), pour Chambres vides 2008

342

http://www.amourier.com/pub/ftp/pdf/Presse/9782915120448.pdf

Moi, mon métier…
La première fois.
Album Dada

Sophie Braganti est aussi experte que les enfants dans cette approche expérimentale de la langue qui mêle poésie et parole. « Moi mon métier.. », « La première fois », autant de poèmes écrits dans une langue ingénue et savante. Le quotidien enfantin, ce qui fera le souvenir des grands, voilà l’univers qui tient dans la paume de sa main.
La première fois que vous avez eu un chat, joué avec le feu, dormi avec votre cousine, dit adieu à votre grand-père, comment en parleriez-vous ? « Il n’avait ni robe ni queue/ni quatre pattes mon grand vélo bleu », « la maitresse parole/nous parle d ‘un dessin/la maîtresse parle et nous silence/le premier jour de la classe/pas faire le mariole », « si j’aime ta peau Pauline ou Victoria/c’est qu’en matière de couleurs/il n’y a pas de première fois »
Et le métier des parents si difficile à comprendre.. Esthéticienne, psychanalyste, plombier, chômeur, vétérinaire… « Un croque-mort n’est pas un croque-monsieur/ni un croque-madame, encore moins un croque-mitaine/et surtout pas un croquembouche ». « Sans billet/sans ticket/sans passeport/pas sans effort/elle flotte dans la nuit/je plonge dans le sommeil.. », dit l’enfant de la cosmonaute.
Ces albums de la collection « C’est un petit bonheur » sont publiés par Mango Jeunesse (Album Dada). On peut préférer les images ébouriffées d’Albert Lemant ou les collages de papier et de formes en pâte à modeler de Carole Chaix.
Chacun de ces livres nous fera partager avec les enfants des fous-rires et des moments d’émotion ; parions que les inventions poétiques de S. Braganti ne seront pas lettres mortes !

CHRISTIAN ARTHAUD, revue CCP N°7
CA

REVUE CONTRE-ALLÉES N°31 / 32

CONTRALLEE

PAULE STOPPA

CHAMBRES VIDES L’Amourier éditions (Le Patriote N° 2142 – 10 octobre 2008)

D’elles, aucune n’est vide. Si différentes que soient l’une de l’autre ces 12 chambres à partir desquelles s’organise le récit, elles sont toutes ou presque, lieux de l’intime, du plus intime. Avec un lit, l’espace autour. Les mots le peuplent, les mots le comblent. Peuplé, l’espace l’est déjà, il porte empreintes, traces, bribes, les marques délavées de son histoire. Tels, ces fragments de fresques franciscaines sur les murs du monastère de Saorge, des cellules où provisoirement, écrivain, peintre ou musicien, renonce à la vie du dehors pour s’adonner au seul travail du dire, à la vie du dedans. 14 cellules occupées, puis fraîchement quittées. Y pénétrer, les visiter, déchiffrer les indices, lits défaits, journaux découpés, mégots, cheveux, faire dit Sophie Braganti, connaissance avec les miettes. Les introduire, ces miettes, – le jardin, les bassins, le parfum des fleurs, un lucane qu’il faut sauver –, les introduire dans le récit, dans cette histoire là qui relève de la mémoire, tisser leur trame et qu’elle se mêle et ne fasse plus qu’un, sans couture, sans frontière, avec la réalité du monde, ainsi fécondée, enrichie.

Sophie Braganti, dont le, les, “ je ” féminins – leurs présences particulières – s’insèrent sans heurts, par associations d’idées, émotions, souvenirs, dans la narration, Sophie Braganti, licière ici de haut vol, livre au lecteur son propos.
Précédant ces douze récits, une citation de Virginia Woolf, (1) Mais pourquoi n’ajouterait-on pas un supplément auquel on donnerait, bien entendu, un nom sans importance pour que les femmes y puissent figurer sans inconvenance ? en explique et la genèse et le principe. Ces Chambres vides près de 80 ans plus tard, répondent à sa question. D’une femme écrivain à l’autre, et féministes, ce dialogue, hors le passage du temps Chambre noire, Chambre froide, Chambre mixte, Cabine 3O26 Pont C. etc, des titres qui recouvrent, de chaque nouvelle, le contenu et de l’ensemble, la variété. Pour chacune d’elles, Sophie Braganti s’adonne à un exercice de style. L’emploi savant de la première personne, ce “ je ” féminin, laisse à penser que cette voix est la sienne. C’est le cas pour Chambres vides, c’est le cas pour les trois nouvelles qu’elle bâtit à partir des tableaux d’Edouard Vuillard, Au lit (1891), de Picasso, intitulé La chambre de la Science et la Charité (1891) – dans les deux cas, le lit occupe l’espace, le lit, lieu de vie, lieu de mort – ou à partir d’une photographie de Joël Peters Witkin, Ars Moriendi (2007), une femme nue, allongée, belle odalisque, flottant presque au-dessus de plusieurs têtes décapitées, vie et mort ici conjuguées. Critique d’art, Sophie Braganti ouvre au lecteur les portes de ces chambres-là, regard du peintre, regard de la narratice, regard du voyeur, autant de miroirs. Mais ce “ je ” prête, volontairement, à confusion : qui recouvre-t-il dans la très belle et très construite nouvelle Oubliette ? Auto-fiction, ou expérience de vie ? Cette ambiguité, partie du jeu, entre doute et réalité, la narratrice ne la pratique pas toujours. Dans La dernière chambre d’Yvette, le discours intérieur va comme l’eau qui coule, inlassablement monotone, enchaînant d’une banalité à l’autre, le personnage a sa vie médiocre, sans désirs sans plai- sirs sans passion, une vie aux volets clos. C’est le langage de l’oralité, écrit, dit Sophie Braganti, à haute voix, peu de ponctuation, pas de virgules. Certains de ces récits abor- dent, dénoncent la condition faite surtout aux femmes, car peu d’hommes interviennent dans cet ensemble. Pas directement en tous cas. J’y vais met en scène les tribulations de Jeanne qui ne veut pas de cette chose qui va se mettre à parler qui est juste une erreur d’aiguillage dans son ventre. Met en scène la détresse, les discours moraux et culpabilisants des bien- pensants, du médecin, de l’assistante, la, quand même, solitude. De l’homme, on apprend seulement qu’il a donné son accord. Pas de chambre donne la parole à Fabienne, SDF femelle, phrases courtes, sans verbe trop cassée, on ne me l’a fait plus,..trop fatiguée trop habituée à la rue. Le “ je ” de mise dans la plus grande partie du récit, alterne avec les interventions de l’auteur, mises au point, passages du “ je ” à “ elle ”, elle qui fait route vers le grand silence. Chambres sans voix clôt cet ouvrage. Un voyage à Auschwitz, pour accompagner les élèves de troisième d’un collège niçois, la rencontre et l’amitié fugitive mais réelle avec une rescapée, inspirent ce beau texte final, qui, à elle, la rescapée, comme à nous s’adresse, sans ponc- tuation, sans repères tu restes sur le seuil dehambre où dans le four tu n’es pas entrée avec ta mère et tes soeurs au hasard de la sélection aujourd’hui tu n’y entres pas non plus tu ne peux pas pour toi ce ne sera jamais un musée un mausolée. Pas de repères, pour l’innommable. Un supplément ? Au nom sans importance ? N’en croyez rien. C’est de l’essentiel qu’il s’agit.

1) Virginia Woolf ; Une chambre à soi. 1929

NADINE AGOSTINI, revue CCP / CIPM n°11

CCC

PATRICK JOQUEL

Titre : Trac

Auteur : Sophie Braganti

photos : Sophie Braganti
Editeur : Gros Textes
ISBN : 978-2-35082-178-8
Année de parution : 2012
Prix : 7€

Dans la lignée de Vrac, même auteur, même éditeur, on retrouve ici les petites proses nerveuses de Sophie Braganti. Une écriture d’un bloc. D’un souffle. Sans ponctuation. Pleine de rebonds. De clins d’œil malicieux et de saines colères. Un humour multicolore et décapant. Beaucoup d’humanité, celle qui tremble « dans les coulisses de vivre ».

Fumer tue boire tue manger tue faire l’amour tue travailler tue puisque vivre tue n’attendons pas

Patrick Joquel
Titre : Vrac
Auteur : Sophie Braganti
Photos : Sophie Braganti
Editeur : Gros Tezxtes
ISBN : 978-2-35082-…-.
Année de parution : 2010
Prix : 7 €

Un vrac donc. De textes en proses. Courts. On y retrouve l’humour et la dérision, l’exigence et la volonté de Sophie. Elle nous promène ainsi dans quelques souvenirs d’enfance… Flashes familiaux… Des rebondissements d’un mot à l’autre, d’une situation à une autre… on se retrouve mêlé sans s’en rendre compte de suite aux éternelles questions qui nous taraudent. Le tout avec pirouettes, éclats de rire et autres sourires…
De biens mystérieux amoureux jalonnent les pages, des photos de Sophie aussi.
Une fois de plus l’éditeur a réussi à nous donner un petit joyau de philosophie poétique et tout ça sans se prendre au sérieux !

Patrick Joquel
Titre : chambres vides
Auteur : Sophie Braganti
Editeur : L’Amourier
ISBN : 978-2-915120-44-8
Année de parution : 2008
Prix : 15 €
Des récits. Des chambres. Et leur esprit. J’aime particulièrement les pages sur le Monastère de Saorge. J’y retrouve une de mes ombres du passé…

Ce sont des chambres de haute solitude. Chambres vides.
Oui. Que les personnages de ces récits hésitent entre réel et fiction, quoi de plus normal dans la littérature ? Et ici chacun de ces héros est d’une totale crédibilité. Génialement vrai. Ceux que Sophie tire des toiles de peintreségalement. Personnellement j’aime cette contemplation de l’oeuvre peinte ; le peintre vient féconder l’écrivain.
Dans ces chambres de maison, d’hôpital, cabines de navire ou plage (quelle est la chambre d’une sdf niçoise ?) dévolues au sommeil, à l’amour, ici, les êtres sont seuls. Même à deux. Chacun demeure dans sa propre chambre. Comme si au fond de notre humanité, nous étions condamnés à la solitude. Comment se dire à l’autre ? Se donner àl’autre ? Sans mentir. Sans rien prendre. Le juste donner recevoir pour les personnages de ces récits semble inaccessible. On se côtoie. On se touche parfois. Mais on reste seul. Pas vraiment désespéré, non. Seul avec sa propre chambre qu’on porte comme l’escargot sa coquille et dont ni lui ni soi ne pouvons sortir.

Un livre qui invite à la liberté. Celle qu’on se donne. Celle qu’on se gagne. Une envie de vivre plus simple. Plus vrai. Ces récits renvoient ainsi le lecteur à lui-même et force l’interrogation. La seule qui vaille : celle qui touche à son rapport au monde, à l’autre.
Août 08
Titre : Le mois dans la terre
Illustrateur : Gérald Thupinier
Editeur : Tipaza
ISBN : 2-912133-24-6
Année de parution : 2006
Prix : 15 €

Dans le magnifique jardin du monastère de Saorge Sophie Braganti retourne à la terre. Ses pas s’y promènent, la promènent. Ses yeux, tous ses sens sont à l’affût. Son humour aussi. Et de sa façon si personnelle d’écrire elle brosse l’air de rien un bouquet de senteurs, d’images et de clins d’œils… pour le bonheur du lecteur qui y déniche, tous les non dits, les sous entendus, toutes les petites merveilles cachées, comme les fraises des bois…

Car à sa façon bien à elle de dire sans dire, de dire ce qu’on tait sans le dire, les poèmes de Sophie Braganti font un bien fou à la poésie. Ça dépoussière le convenu. On en oublie les stéréotypes. On est surpris. Déboussolé puis renvoyé à de nouveaux points cardinaux. Ceux que l’écriture trace en nous quand écrire est question de secrets à partager. De mondes à voir. A découvrir sous le monde habituel et si aseptisé de notre société sans espace libre. Vraiment libre.

Des poèmes justement soufflés à la liberté. D’être et d’écrire. D’oser. Et de tenir. Toujours dans un sourire. Le monde entre rouge et noir. Entre terre et ciel.

févr.-07

Les moulins

Sophie Braganti

Editions Belem

ISBN 2-915577-27-7

2005 / 9€

Personnellement des Moulins, je ne me souviens d’abord que d’un espace en jachère, des herbes folles, des cabanons, des bidonvilles… Le long du Var. Nous passions à côté quand nous allions à la montagne. J’étais tout petit. Puis des immeubles se sont construits, ronds. Tout un quartier. Je me demandais, j’étais un peu plus grand « Comment on pouvait vivre là ? »…

J’ai des éléments de réponse à travers ces bribes de vie que Sophie Braganti nous ramène de sa mémoire… Des textes courts qui mis bout à bout donnent la trame d’une vie. D’une jeunesse. Celle qui nourrit l’écrivain qu’elle est devenue… Des textes qui vibrent de vie et de colère. Une colère rémanente, un fond de révolte ; un désir de vivre le plus haut possible !

Ce quartier est maintenant totalement enfoui dans la ville. Le Var également… L’écrivain, elle, continue à se battre avec les mots. Pour notre bonheur.

La première fois

Sophie Braganti

Carole Chaix

Mango Jeunesse

Album Dada € 17.

Un ensemble très cohérent de premières fois. L’humour surpris et souvent déroutant de Sophie Braganti et celui en trois dimensions souvent de Carole Chaix… Beaucoup de tendresse dans ces regards qui plongent dans le passé, dans l’enfance… La première fois où j’ai dû laver Nounou… Je ne sais pas vous, mais moi, je m’en souviens bien…

C’est la qualité de ce livre que de nous ramener à notre propre histoire, c’est le propre de la poésie que de nous chuchoter ainsi au cœur. Comme si la poésie était une passerelle vers le monde, vers la conscience de sa propre présence au monde. Simplement. Grâce à quelques mots, à quelques images…

Du joli boulot !

Patrick Joquel

Décembre 2002

Moi, mon métier

Textes : Sophie Braganti

Images : Albert Lemant

Album Dada

Mango Jeunesse

€ 13,50

Quand je serai grand je serai…

Qui n’a jamais joué à ces grands rêves de gosse ? Certains y jouent peut-être encore… Et ce n’est pas si mal !

Sophie Braganti a retrouvé dans ses textes, puisque selon l’éditeur il s’agit de textes, la voix et le ton de l’enfance pour explorer autant cette admiration devant le métier du père ou de la mère que ce désir de ressembler à ces héros du quotidien.

Les mots jouent avec leurs sens, les idées pullulent, les images s’agrémentent des couleurs et des formes d’Albert Lemant… Plaisir des yeux, des oreilles, du cœur et de l’intelligence ! Cela pétille, c’est du Braganti !

GERARD-GEORGES LEMAIRE revue CCP / CIPM

Chambres vides L’Amourier éditions

Qu’on aille pas s’imaginer que l’auteur ait eu l’ambition de transposer le principe des cham- bres mystiques de Thérèse d’Avila. Mais il y a tout de même une similitude qui s’impose avec l’amie de Jean de la Croix: chacune des pièces renferme une expérience, une existence, un destin résume la vérité d’un être: cela peut être une très vieille dame qui vient de mourir, une poétesse, un marin et le récit de cette relation au monde se matérialise de la théorie des monades de Leibniz. Les chambres sont des caissons étanches qui prennent l’eau plus ou moins vite. D’aucuns en ont fait leur prison, d’autres leur tombe, d’autres encore leur para- dis intérieur. L’auteur campe ses personnages solitaires avec amour et un regard où l’ironie et la dérision ne sont pas absentes. Mais ce qu’elle affirme ici, c’est qu’ils possèdent tous une poésie que son écriture a voulu capturer. Une profonde mélancolie les caractérise, avec une profonde absurdité comme si leur passage sur terre n’était que la définition d’un espace où étirer ses membres et son idiosyncrasie.

GERARD-GEORGES LEMAIRE
Visuelimage n°68
CRAC, Sophie Braganti, éditions Gros Textes, 80 p. 7 €.

Sophie Braganti a délibérément écrit un petit livre décousu. Elle joue avec des bribes de souvenirs, de moments de l’enfance, de rencontres amoureuses, d’émotions tendre, de pensées amusantes ou légères. Crac est l’anti-roman par excellence. Ce n’est d’ailleurs pas le manque de solution de continuité qui est ici primordiale (ce n’est pas ce qui nous intéresse), mais le refus de vivre la fiction autrement que par fragment. Cela donne un petit livre tout à fait plaisant et plein de surprises. Il y a de l’esprit et de l’intelligence. Il est agréable et toujours surprenant. Mais maintenant, on attend de Sophie Braganti un ouvrage un peu plus touffu, car elle ne développe jamais son univers. Peu importe les moyens qu’elle devra mettre en œuvre : elle devra bien un jour ou l’autre passer à l’acte !

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