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Archives de octobre, 2016

COMME UN BOEUF AVEC DES JAZZMEN

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MARC CHEVALIER AU DOJO DE NICE : LA CHAIR DES OMBRES, DIT-IL

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Dans le cadre des 20 ans de la Station à la Villa Arson, Marc Chevalier hors les murs, réalise un défi, une performance (avec en plus, un engagement physique incroyable) une oeuvre polymorphe, monumentale où l’équilibre et l’harmonie s’installent dans le déséquilibre et le chaos. Une architecture puissante et fragile se dessine avec 120m3 d’encombrants.

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Les poubelles niçoises repérées, récupérées par ses soins, sont déversées dans le cadre de travail d’une agence de création en communication plutôt froide, au design pratique et austère, disons fonctionnel. Les salariés font presque partie de l’oeuvre, à leur corps parfois défendant peut-être, ils modifient leurs habitude de travail et avec, leur regard sur l’art, le monde, leur monde, parfois, peut-être. C’est ainsi que le concevait dans ce même lieu et au sous-sol, voilà quelques années, Florence Forterre, dans des expositions impulsées et organisées de façon régulière : on y trouvait également des concerts, des conférences, de la danse, des festivals de vidéos, de l’édition…

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Audacieuse ouverture de Luc Clément, the boss, qui renouvelle de manière expérimentale la fonction de l’open space et la relation au travail avec des salariés. L’art s’invite, est invité, et quelques fragments, éclats de mémoire, cohabitent avec le téléphone, les rendez-vous, les dossiers, les imprimantes… les pièces se construisent en fonction du lieu, ses piliers, son mobilier, ses puits de lumière qui arrive par les vitres du toit et qui recolorie à présent, bois et boiseries d’un autre temps avec les nuances d’aujourd’hui.

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Tout semble vaciller, fragile dispositif monté comme un légo. Délicate attention portée au rebut. Honte tue et bue de notre hyper consommation qui, de plus en plus à Nice, alimente d’amples sacs de sans-abri, le soir à partir de 18H ou bien s’engouffre dans des camionnettes chancelantes.

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Pendant un mois, consterné par ses débris, vestiges que notre imaginaire réhabilite, reconstruit ou habite, Marc encombré lui-même par des projections improbables, a assemblé, détourné, stabilisé, déstabilisé ses matériaux. Deuxième vie accordée à nos souvenirs de bois qui restent dans la ville, qui se donnent en spectacle, échappant un temps à nos boulimiques poubelles et à la question de l’après Dojo.

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Il y a de l’enfance dans des jeux de cache-cache, dans la cave du grand-père, le grenier découvert au hasard d’une visite à un proche, dans les formes et les monstres que Marc surprend après coup. Il y a du pays des géants et du Petit Poucet. On se perd dans un labyrinthe. La caverne d’Ali Baba avec comme tableau une tête de lit ou un panneau d’armoire. Les tables et les chaises ont les pieds en l’air. On dirait des échelles. Le monde à cloche-pied. On embarque.

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Il y a aussi l’odeur d’un massacre, d’une démolition, ou d’un ouragan, d’un gâchis ou de la fin d’un monde, ses vestiges.

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Il y a surtout de la musique comme un boeuf joué par des musiciens de jazz.

C’est Marc qui le dit.

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En savoir plus : https://www.villa-arson.org/2016/09/marc-chavalier-arrangements-avec-le-desordre/