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Archives de septembre, 2016

JEAN-BAPTISTE GANNE À DOLCEACQUA (D.A.C)

TRIANGLES NOIRS SUR FOND BLANC

https://dolceacquaartecontemporanea.wordpress.com/jean-baptiste-ganne-triangoli-neri-su-fondo-bianco/

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Quelques kilomètres panoramiques avant d’arriver au pied des blockhaus rénovés et transformés en atelier, espace à vivre et centre d’art par l’artiste, galeriste, éditeur Tilman (seulement homonyme du poète-artiste Pierre) à côté de Vintimille.

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Convivialité.Tablier de cuisto et risotto à l’encre de seiche. On sent la mer. Celle à quelques encablures où nagent les seiches et d’autres corps. Une installation de l’artiste Jean-Baptiste Ganne. Magnéto vintage customisé pour entendre et deviner la bande son des Stones altérée, d’une chanson au titre qui vient en résonance et à la vitesse ralentie d’un vieux tourne-disque : « Paint it black ».

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Jean-Baptiste Ganne joue comme il sait le faire, en incorrigible enfant turbulent, au sale gosse qui désobéit, joue des contrastes et des contrepieds ou contre-poids. Le masque de l’anarchiste et du bad boy. Hors des cadres liberticides. Ici. Un combat qui infiltre en continu, avec la même pugnacité, la rage, la nuit, la rue, des procédés esthétiques minimalistes convaincants. La poésie. Ni élégie, ni épilogue. Des murs affluent des mots. Les murs ont des oreilles. Une voix. Celle du militant masqué qui tait sa colère, passe à l’acte, à sa manière, voie de l’art qui creuse un sillon en sourdine. Un propos direct et insinué à la fois. D’un mur de ce bâti militaire de la seconde guerre mondiale, on devine plus qu’on ne lit trois mots. Réplique d’un tag découvert et photographié par JBG à Dolceacqua. Ces trois mots proposent plusieurs lectures possibles. Comme si du sens de ces triangles noirs autant que des mots, le spectateur n’avait qu’à choisir son camp : ORA / BASTA / REVOLUZIONE.

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Trois mots qui se décomposent en : Ora, basta revoluzione ! Ou bien en : Ora basta ! Revoluzione ! Cela dépend ou vous voudrez bien poser votre ponctuation. Ce sont aussi trois vers aponctués où le simple passage à la ligne oriente la lecture avec ses pauses.

A côté du clin d’oeil musical rebelle, il y a celui à Malewitch. On se souvient du célèbre monochrome révolutionnaire suprématiste, Carré blanc sur fond blanc de 1918 et plus tard du Carré noir sur fond blanc. On se souvient des engagements des artistes russes et des nouvelles propositions sociétales qui ont été opprimées. Avec cela j’ai pensé aux messages de paix tibétains et à leurs banderoles colorées qui valent pour drapeaux de prières. Ils flottent dans le vent comme leurs messages. Dans le sang noir d’implacables combats. D’encore.

 

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